Guillaume Delvigne

Guillaume Delvigne

Guillaume Delvigne est né à Saint-Nazaire en 1979.

Après des études à l'Ecole de Design Nantes Atlantique et au Politecnico di Milano, il débute dans l'agence de George J. Sowden, co-fondateur du mouvement Memphis.

En parallèle, il dessine ses propres objets, notamment pour l'éditeur italien Industreal.

En 2004, il s'installe à Paris et travaille pendant plusieurs années auprès de designers de renom comme les RADI Designers, Delo Lindo, Marc Newson, Elium Studio ou Cédric Ragot.

En 2011, il ouvre son propre studio, inaugure sa première exposition personnelle à la ToolsGalerie et remporte le Grand Prix de la Création de la Ville de Paris.

Ses créations sont régulièrement présentées lors d'expositions en France et à l'étranger.
Il est membre du collectif de design Dito depuis sa création en 2006.

Toutes ses créations partagent une certaine douceur et une approche des matériaux pleine de subtilité.

Les créations

En savoir plus

Guillaume Delvigne, la justesse du design

Aujourd’hui reconnu sur la scène du design français, Guillaume Delvigne a rapidement été repéré comme un jeune talent à suivre par les éditeurs. De la table Circus, imaginée pour La Redoute en 2012 aux suspensions Hal et Swan, dessinées pour La Chance il y a deux ans, ses créations remplissent régulièrement les pages des magazines de décoration.

Nous l’avons rencontré pour en savoir davantage sur ce génie des lignes.

Le dessin d’objets : une passion depuis l’enfance

Si le designer ne cesse de faire parler de lui depuis plusieurs années, en multipliant les collaborations avec les industriels comme Tefal et les projets plus pointus auprès de la Galerie Tool, en passant par la création de mobilier pour Habitat, c’est très jeune qu’est venue l’envie d’exercer le métier de designer à Guillaume Delvigne.

Déjà à 12 ans, « je savais que je voulais faire ça. 
Je dessinais des objets et cette passion ne m’a jamais quitté », nous explique le designer. 
Il étudiera donc naturellement le design à Nantes, « dans sa conception classique du terme, c’est à dire dans une approche intégrée et pas forcément sous l’angle du design mobilier.» 
Mais aujourd’hui encore, il prend « beaucoup de plaisir à dessiner à la main » pour partager une certaine émotion avec ses clients.

Ce n’est donc qu’à sa sortie de l’école, lors de son arrivée à Milan chez Sowden en 2002, que Guillaume a découvert un autre pan du métier. 
« Je m’y suis tout de suite plu. Le mouvement Memphis m’a influencé en ce sens qu’avant, je n’avais pas conscience de pouvoir jouer un rôle de type politique en tant que designer ». Là-bas, la recherche est omniprésente, « ce qui donne un sens ». Quant à Sottsass, il a lui aussi marqué l’homme  en lui permettant « d’assumer de manière plus artistique le design ».

Un design sensible aux mouvements du monde

Si sa patte à la fois douce et épurée est aujourd’hui reconnaissable, on ne saurait trouver les mots pour définir ce qui fait la force de ses créations. 
Le designer nous explique que son travail repose effectivement sur une « énorme part de sensibilité pure », influencé par « la photo, l’architecture, et plus généralement tout ce qui est visuel ». 
Son objectif ? « Intégrer les évolutions du monde dans mon travail, mais aussi chercher à changer les typologies des objets classiques pour essayer de croiser les fonctions selon les évolutions de la société ». 

Un exercice complexe qui demande de saisir avec justesse les besoins d’un monde en mouvement permanent. Et des « tentatives qui parfois débouchent sur de vrais changements dans les propositions », comme avec Lucien, le valet-tabouret singulier, créé pour Hartô en 2014, aujourd’hui iconique. 
Guillaume Delvigne le présente d’ailleurs comme « objet hybride, que l’on pourrait installer aussi bien dans une chambre que dans une salle de bain ».

La justesse des formes comme toile de fond

Le designer ne s’arrête cependant pas à l’aspect intuitif du dessin et s’attache à travailler les lignes de ses créations avec un souci du détail très marqué. 
Il nous explique « je veux maîtriser les formes que je dessine : elles sont très précises et proviennent souvent de cercles et de lignes droites. Ce ne sont pas des formes organiques, bien que l’on confonde souvent les deux ».

En ligne de mire, c’est l’équilibre parfait que le créateur recherche, pour imaginer des meubles ou des objets « harmonieux et équilibrés à l’œil ». 
Nous y voyons de la justesse, terme que l’homme apprécie, « même si cela peut paraître prétentieux », s’excuse-t-il. Alors bien sûr, il en va de la question de l’épure, que le designer ne pense pas en bloc monolithe, au contraire : « mes objets ne sont jamais anguleux mais je compense par une rigueur derrière. Je cherche la symétrie, le rythme. Je n’aime pas quand c’est trop mou ».

Comment s’est passée votre rencontre avec HARTÔ ? 

J’ai rencontré HARTÔ en 2012-2013, Amandine Merle et Pauline Gilain (ancienne responsable artistique) m’ont proposé de rejoindre leur équipe de designers. J’ai été invité à créer du mobilier et des objets, la demande était assez ouverte.

Puis, elles m’ont proposé de réfléchir à un tapis, c’était la première fois que j’avais ce genre de demande et cela m’a particulièrement stimulé. Je me suis posé la question du motif, de ce que l’on retrouve généralement au sol, sur les parquets, les carrelages et c’est vrai que, très vite, on s’est amusés sur la thématique du sport, le terrain de foot, la piscine, d’où le tapis Suzanne, qui a été ma première création.

Parlez-nous de votre dernière collaboration avec HARTÔ.

Ma dernière création chez HARTÔ, c’est le fauteuil Georges, qui se décline très bientôt en canapé. 
La collection HARTÔ n’avait pas encore de pièce volumineuse, de pièce statutaire comme on dit, il fallait que l’on réfléchisse à un fauteuil.

Fauteuil Georges
Amandine avait le souhait d’une pièce qui inspire le confort… Nous nous sommes interrogés sur ce thème : est-ce que le confort vient de la rondeur, des épaisseurs de mousse, d’un aspect généreux ? 
Toutes ces questions se posaient. 
Une autre caractéristique de Georges fut de dissocier très clairement la structure du confort, c’est-à-dire, on distingue un squelette en bois très dessiné et apparent, et une partie coussin qui, elle, est indépendante. 
On voit que le dossier est séparé de l’assise et des accoudoirs, on lit les éléments très clairement dans le dessin.

Si vous aviez carte blanche pour dessiner un nouveau projet chez HARTÔ, quel serait-il ? 

J’aurais envie d’explorer un nouveau secteur, par exemple le mobilier d’extérieur, car j’aimerais vraiment qu’on travaille sur une technique plus industrielle avec des moules par exemple, avec des choses qui puissent se répéter en plus grande série, pour avoir un objet assez abordable à l’arrivée.

Propos recueillis par Julie Mallet-Cocoual
20 octobre 2017