Pierre-François Dubois

Pierre-François Dubois

Passé par plusieurs écoles de design (Boulle, Olivier de Serres, Aalto University, Ensci), Pierre-François Dubois accumule des expériences variées grâce à ses stages : Normal Studio, Kipsta ou encore Dior.

Il aime dessiner des objets simples et astucieux en termes de conception ou d'usage. Son passage par la Finlande a laissé des traces sur sa sensibilité pour les matériaux naturels et les lignes épurées.

Il collabore depuis début 2013 avec Julien Phedyaeff et Pauline Gilain à la direction artistique d'Hartô.

Les créations

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Pierre-François Dubois, designer du sensible

On le connaît pour ses créations fraîches et élégantes imaginées pour Hartô, l'éditeur qui s'est rapidement fait un nom sur la scène du design français. La collection Marius, c'est lui. Le miroir Modeste, encore lui. Le bureau Honoré, le bureau Victor ou la bibliothèque Simone, toujours lui.

Aujourd'hui indépendant, le designer nous a ouvert sa porte avec enthousiasme pour nous expliquer son parcours.

On vous connaît en tant que designer pour Hartô, mais avant, que s'est-il passé ?

Je viens de Beauvais et, après mon bac scientifique, je voulais suivre des études d'architecture. En parallèle, j'ai passé des concours pour les écoles et j'ai intégré l'Ecole Boulle en 1ère année, un cursus en relation avec les métiers d'art, dont l'ébénisterie. Cela a constitué ma première approche avec le bois. Après mon BTS à Olivier de Serres, je suis parti deux ans en Finlande, par attrait pour le design scandinave. J'ai alors passé beaucoup de temps en atelier : cette ouverture internationale m'a permis d'aborder le design sous le signe d'une approche culturelle très intéressante. 

De retour à Paris, lorsque j'étais à l'ENSCI, j'ai répondu à une annonce qui cherchait un designer. Il s'agissait d'Hartô Design, c’était en 2013.

Racontez-nous ces débuts !

Amandine Merle avait repris Hartodesign.com, qui vendait des meubles en ligne, pour la transformer en un éditeur de design contemporain. C'est donc à quatre, avec Julien Phedyaeff et Pauline Gilain, que l'on a réorienté la marque. Nous avons notamment beaucoup réfléchi à la façon de mettre en avant la couleur sans que le meuble ne perde de son intérêt. L'idée a été d'aller vers un design plus simple tout en créant une vraie identité pour la marque. La 1ère collection de ce qui était devenu Hartô, a été présentée dans le corner jeunes créateurs de Maison & Objet : notre stand mesurait 3m² et nous ne montrions que huit pièces à l'époque.

Pendant un an et demi, on était donc quatre pour monter la marque ! Nous avons mis en place un énorme suivi de production, au Portugal, où travaille l'artisan qui fabrique les meubles. J'ai dessiné des meubles et surtout établi une relation avec cet artisan qui les fabriquait. Un designer a besoin de dialogue. C'est lui qui permet d'arriver à des résultats que l'on n'aurait pas imaginés. Par exemple,  le fait de collaborer avec un ébéniste lui permet de repousser ses limites et nous, designers, de nous ouvrir à de nouvelles possibilités !

Aujourd'hui, quelles sont les prochaines étapes pour Hartô ?

Je ne travaille plus en interne chez Hartô mais nous avons gardé une très grande proximité. La marque évolue et élargit ses propositions afin de répondre à une demande plus grande, avec des bois foncés et du noir notamment, que l'on s'interdisait au départ. Marius va prochainement se décliner dans d'autres typologies de meubles et la bibliothèque Simone pourrait être proposée en étagère murale ! Pauline travaille aussi sur de nouvelles couleurs et de nouveaux formats pour le miroir Modeste.

Et vous, quels sont vos projets en tant que designer ?

Je travaille avec Castelry, une marque installée à Singapour, qui collabore avec des designers du monde entier. Ils se positionnent un peu sur le même segment que Habitat ou AM.PM, mais en Asie. J'imagine pour eux une collection de mobilier, constituée de 5 pièces autour d'un même principe.

Je suis également en relation avec Margaux Keller pour concevoir des objets de déco et un petit bureau pour Bibelo.

Et j'ai pour la première fois travaillé dans l'aménagement d'intérieur. J'ai dessiné une boutique de bijoux dans le 16ème, Oscar Bijoux. Je les ai aidés à créer l'intérieur en jouant sur des éléments qui font partie de mon identité, à savoir du bois clair, la couleur et la lumière (avec des meubles Hartô bien sûr !). Je n'avais jamais travaillé l'aménagement intérieur auparavant mais c'est extrêmement intéressant car c'est finalement très proche du design de meubles, avec une question d'échelle qui est différente !

Précisément, quelle est votre approche du design ?

J'ai une approche très sensible et très personnelle du design. La simplicité et la pureté, certainement en lien avec mon attrait pour le design scandinave et japonais, sont mes maîtres mots. J'aime travailler les assemblages, auxquels on associe une fonction. Le résultat doit être un mélange de plusieurs approches. J'ai d'ailleurs du mal à dessiner sans contrainte : trop de liberté amène parfois à rien !

Comment imaginez-vous vos meubles ?

J'aime dessiner des meubles dont on ne va pas se lasser : j'envisage cet exercice dans une approche écologique et intemporelle. Pour moi, l'idée de transmettre un meuble et qu'il garde sa valeur dans le temps n'est pas morte.

Quel objet rêveriez-vous de dessiner ?

Je serais très curieux de dessiner un bateau ! Je pense qu'il ne faut pas toujours dessiner la même chose et ne pas devenir trop expert pour gagner en créativité. Dessiner un bateau est un exercice qui mélange des contraintes très techniques et une liberté de création dans l'aménagement intérieur. 

Propos recueillis par Julie Mallet-Cocoual pour Meublesetobjets
8 février 2017