Mathieu Léote

Mathieu Léote

Fin 2010, Mathieu Léote fonde l'agence de design Dolmstudio au coeur de Dijon, sa ville natale.

Assurant une activité de recherche, de développement mais également de maquettiste-prototypiste, l'agence intervient pour le compte d'entreprises, d'artisans mais également de particuliers.

Ses domaines de prédilection sont aussi divers que l'aéronautique, le médical, l'architecture d'intérieur, l'industrie du luxe, l'édition, le packaging, la cosmétique, le culinaire, la lutherie, etc.

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Mathieu Léote, un designer sous influence industrielle

Mathieu Léote a débuté par des études d’ingénieur avant de se lancer dans le design. Aujourd’hui à la tête de son studio, il nous ouvre sa porte pour nous parler de sa façon d’envisager son métier et nous en dire plus sur sa collaboration avec Zhed, jeune marque bourguignonne.

De l’aéronautique au design, il n’y a qu’un pas !

Après des études en génie mécanique et en techniques de bureaux d’études, Mathieu a « besoin de toucher la matière ». Une passion transmise par ses parents, créatifs et bricoleurs, qui se transforme en volonté de se professionnaliser dans la création.  Il entre donc à l’ENSCI, où il se fait rapidement remarquer par ses professeurs, qui voient dans son appréhension du design des rapprochements avec le travail de Prouvé : « je ne connaissais pas grand-chose au design à l’époque, et Jean Prouvé m’était inconnu !  ».

Il commence ensuite sa carrière avec des premiers projets dans l’aéronautique : l’aménagement intérieur complet d’un avion de tourisme, tout d’abord : « je m’occupais du design et de l’aménagement intérieur et c’est là que je me suis spécialisé dans le travail du composite ». Puis, en tant qu’indépendant, avec la conception de toute la carrosserie d’un avion de voltige, du design à la réalisation en passant par la conception. Ces compétences lui ont d'ailleurs permis de collaborer avec Cogitech en tant que designer prototypiste. Aujourd'hui, il développe son activité  en s'ouvrant à l'architecture d’intérieur et en créant ses propres objets, du luminaire au mobilier. Le tout en mettant un point d’honneur à intégrer son travail dans une « démarche vertueuse pour le tissu économique local ».

« Le design, c’est la rencontre avant tout »

Des collaborations qui sont in fine toutes issues de rencontres. « Humaines, bien sûr, avec les artisans d’art et autres collaborateurs de l'industrie, mais également avec les matériaux et les procédés de fabrication ». Un tout indissociable qui agit comme un leitmotiv sur ce passionné de création. Il nous explique d’ailleurs que : « la technique est souvent la colonne vertébrale de [ses] projets et [il] essaie de la dissimuler par des démarches plus artistiques ». Il nous détaille son propos : « j’aime à dire que lorsque l’on maîtrise la technique, on maîtrise son art ! Car maîtriser la technique, c'est maîtriser son dessin. Cela permet de  proposer un objet produit au plus près de l'intention initiale, en ayant anticipé les contraintes. »

Zhed et Mathieu Léote : une collaboration pour sublimer l’acier

Alors, si Zhed, la marque bourguignonne née de la valorisation de la tôlerie locale et qui s’est fait connaître avec sa fameuse sellette Geneze, a fait appel à Mathieu Léote, c’est justement parce qu’elle cherchait à travailler sur un dessin un peu différent de leurs propositions habituelles. Leur souhait était de créer une assise inspirée des origamis, mais toujours à partir d’acier. Avec ses compétences dans le travail de la matière, Mathieu Léote a pris le pari… et l’a remporté avec la chaise Plexus, pour laquelle « le travail du pli marqué est apparu essentiel ».

La chaise Plexus : un dessin induit par la matière

Lorsqu’on lui demande comment il envisage ses créations, le designer nous répond que lorsqu'il s'agit d'un projet industriel, la contrainte est son point de départ. Pour Plexus, c’est donc la tôle pliée aux arêtes vives qui a orienté le dessin. Un dessin marqué et original, à l’opposé des formes organiques très présentes dans le monde du design mobilier. Alors comment ne pas voir le lien avec l’industrie qui marque tant le designer ? Mathieu Léote le confirme : « le lien avec le secteur aéronautique est évident puisqu’il fait partie de ma culture. Mais c’est aussi le résultat d’un gros travail sur l’ergonomie, car c’est une chaise extrêmement confortable malgré la complexité apparente de l’assise. » 

Une complexité qui s’explique aussi par le fait que Mathieu Léote « travaille beaucoup par la maquette et la matière… ». La chaise Plexus lui a d’ailleurs demandé « beaucoup d’esquisses, de maquettes à échelle 1 et de travail lié à l’inertie des pièces ». Ici, ce sont ainsi les plis de la feuille de tôle qui rendent la chaise rigide. 

Une Plexus à quatre pieds, pourquoi ?  

Le modèle à quatre pieds a quant à lui été pensé pour proposer un modèle empilable. Il contenait donc davantage de contraintes encore que le modèle originel puisqu’il a fallu réfléchir aux ouvertures ou au placement de renforts aux bons endroits. Une aubaine pour le designer, qui aime à relever ce genre de défis techniques ! « C’est très compliqué à développer, mais nous sommes parvenus à un excellent résultat. D’ailleurs, la gamme devrait s’étoffer très prochainement, avec de nouvelles pièces ».

Une suite que l’on attend avec impatience !

Propos recueillis par Julie Mallet-Cocoual, août 2019