Marine Peyre

Marine Peyre

Marine Peyre a du soleil jusque dans son sourire.

Marine Peyre oeuvre dans un univers ludique et pop qui privilégie les jeux d'emboîtements multiples et la modularité, les usages de matériaux décalés, les formes expressives et colorées, les attitudes décomplexées, aux confins de l'art et du design.

Au premier regard, ses systèmes d'assises disent autant d'eux mêmes que des espaces dans lesquels ils se trouvent.

Près du sol, modules indépendants ou parties d'un ensemble, rectangulaires, carrés, obliques ou arrondis, ils épousent l'espace et vos envies.

Bouger avec ces objets voués au corps, accompagner le corps en mouvement, prolongation du corps, au gré de vos humeurs, de vos états ou de votre fantaisie.

Outils de vos désirs, ces objets deviennent vôtres et modèlent votre environnement.

A aucun moment Marine n'impose son diktat : elle vous parle avec son vocabulaire à elle, de formes et de proportions, pour vous aider à créer votre propre vision de l'espace.

« - Mon design bouge, donc je suis. Avec, faites ce que vous voulez », dit-elle.

Les créations

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Marine Peyre se raconte

Nous sommes allés à la rencontre de Marine Peyre dans son espace de travail, au fond d'une charmante cour du 11ème arrondissement parisien.

Que s’est il passé depuis que tu as quitté Marseille ?


J’ai quitté Marseille il y a 6 ans.

A mon arrivée à Paris, j’ai concentré mon activité sur ma maison d’édition « Marine Peyre Editions » et développé cette marque qui diffuse du mobilier modulable, essentiellement des assises indoor et outdoor, pour les collectivités, le contract et l’hôtellerie.  

A Paris, j’ai pu finaliser le projet car j’ai pu trouver un réseau de fabricants et affiner un système de fabrication simple, sur commande et développer un réseau commercial lié à l’univers du bureau. 

Et ça n’existait pas à Marseille ?

A Marseille, j'ai d'abord développé la marque CookedinMarseille axée sur l'objet, je  travaillais sur des projets ponctuels qui intégraient des créations de mobilier, mais je n'avais pour cela pas de marque en nom propre ni de réseau de fabrication compétent. 

Pourquoi les assises ? 

Je trouve dans les assises une forme de sensibilité liée à l’espace qui me permet de multiplier chacun des éléments et de leur donner plusieurs fonctions.  J’expérimente des formes très simples, sans assemblage et qui ont un lien très étroit avec la matière, je dirais même la « mono-matière ». Ainsi, un bloc de mousse taillé va me permettre de développer des notions de confort et de décliner des systèmes, des modules aux formes minimales.

Qu’est-ce qui prime alors, la fonctionnalité ou la forme ?

C’est la conjonction d’un objet qui peut devenir un espace. La forme permet de donner vie à un produit par superpositions.

Ce n’est pas un élément statique : le développement de modules aux formes minimales dans lesquelles le toucher, la matière et la couleur occupent une place prépondérante.

Quel est le déclic de tes créations ?

Je ne dessine pas une forme pour une forme, mais je pars de la matière puis du procédé de fabrication découle la forme.

Le dessin vient toujours après analyse des capacités de la matière et de l’assemblage des différents matériaux. Par exemple, pour le Bflex, c’est la découpe de blocs de mousse en 2D qui a permis de créer la forme du profil et de le décliner en plusieurs dimensions, suivant un graphisme strict.

 

En revanche, pour keopsinchair ou outchair, qui sont des formes amorphes, c’est davantage le volume de la matière qui détermine la forme de l’objet.

Lequel de tes projets te tient le plus à cœur ?

Incontestablement Bflex, imaginé à Marseille et mis au point à Paris après beaucoup d’études de fabrication pour parvenir à une cohérence entre l’objet et son prix avec une logique de production, bien que la forme soit très simple.

J’ai été avant-gardiste en quelque sorte, car l’organisation du travail d’aujourd’hui est totalement en phase avec l’idée de départ d’alors : mobilité et modularité.

Ce produit fonctionne très bien, d’ailleurs d’autres produits similaires existent qui n’existaient pas à l’époque. Il répond à l’évolution du monde de l’entreprise qui comporte des zones de repos, d’accueil, de travail, de réunion, des îlots...  Et Bflex, précisément, n’est pas mono usage.

La simplicité de ses formes permet qu’il soit compris par tout le monde. Le minimalisme est relativement universel et avec le tissu on peut s’adapter à n’importe quel projet. On ne place pas le même produit dans une start-up, une grande entreprise ou un espace culturel.
Simplicité et évidence constituent donc ma marque de fabrique.

Mes autres créations sont plus singulières car plus typées mais, grâce au Bflex, je peux mettre un pied sur le marché des entreprises, des universités, de l’hôtellerie...

Ton dernier projet ?



Marine Peyre Editions a lancé les assises Rock en novembre 2016. On est toujours dans le domaine du module, mais dans des créations plus anguleuses, lesquelles permettent une fois encore de créer des îlots mais aussi d’aller plus loin dans le rapport à l’espace. 
Rock est une véritable banquette structurante qui peut convenir également à des espaces privés. On peut jouer sur la profondeur et la largeur et y adjoindre d’autres formes, ottoman, pouf : c’est véritablement un produit transversal.

Par ailleurs, mon bureau trombone est chez Leroy Merlin depuis l’automne dernier.

Quid dans les prochains mois ?

Mon activité est très rythmée par les salons et il faut du temps pour qu’un produit trouve sa place. Je travaille sur des compléments du Bflex, comme des accoudoirs ou des éléments acoustiques.



J’ai retravaillé la gamme inchair en indoor et outdoor. J’attache une importance toute particulière aux tissus, je choisis mes éditeurs : Gabriel pour les laines, Ferrari pour les tissus composites, Bisson Bruneel pour une gamme intérieure par exemple.

Je suis aussi designer pour d’autres marques que la mienne. Ainsi, j'ai présenté à Milan en avril dernier 3 produits dédiés aux chambres d’adolescents pour Gautier. 

J’ai développé un module d’étagères en polypropylène expansé pour l’éditeur allemand Movisi, qui a vu le jour en juin dernier.

Parallèlement j’assure la direction artistique chez Atema, qui développe des solutions acoustiques et de nouveaux produits sont sortis cet été.

Enfin, mon dernier challenge, c'est Noda, qui a été présenté au Mandarin Oriental lors de la Paris Design Week en septembre.
Noda fera l'objet d'un site vitrine dédié qui sera lancé le 1er décembre prochain (croisons les doigts) : nodaseat.com.

Ce tube de mousse noué sur lui même invite à trouver sa position suivant ses envies, pour un mode de vie relax et moderne.
L'objet fait référence à un nœud surdimensionné agrandi à l'échelle humaine. 
Chacun est invité à se l'approprier et à trouver une ergonomie en résonance avec son propre corps.
Noda sera disponible en 3 collections : Home, Contract et Couture, afin de correspondre tout aussi bien à des espaces privés qu'à des entreprises ou des lieux publics.

«  L’idée a été de proposer une assise à la fois structurée et informelle, comme une sculpture sur laquelle on puisse s'asseoir. » 

Qu’est-ce qui te manque le plus dans la vie ?

Le soleil ! 

Propos recueillis par Julie Mallet-Cocoual pour Meublesetobjets
17 novembre 2017